Où part votre argent chaque mois
Trois enveloppes : ce qui tombe tous les mois, ce qui varie, et ce que vous mettez de côté. La page en donne la part du revenu et ce qu’il reste affecté à rien.
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Formule
Fixe ou variable, pas nécessaire ou superflu
Le partage français se fait sur la régularité. Une charge fixe est celle qui tombe tous les mois au même montant : loyer, assurances, abonnements, transports. Une dépense variable bouge : courses, essence, sorties.
Ce n’est pas la même chose que nécessaire et superflu. Les courses sont une nécessité et une dépense variable ; un abonnement dont vous ne vous servez plus est superflu et une charge fixe. Le critère utile pour un budget, c’est la prévisibilité, parce que c’est elle qui décide de ce que vous pouvez engager.
Ce que le calcul montre
Sur 2 600 € de revenu avec 1 300 € de charges fixes, 800 € de dépenses variables et 300 € d’épargne, les parts sont de 50 %, 30,8 % et 11,5 %. Elles ne font pas cent : il reste 200 € non affectés.
Ces 200 € sont le chiffre intéressant. Ce n’est pas de l’épargne — l’épargne est déjà comptée à part. C’est de l’argent qui existe et que personne ne suit, et c’est presque toujours là que se trouve la marge dont on se croyait privé.
Le reste à vivre veut dire deux choses
L’expression circule avec deux sens différents en France, et ils ne donnent pas le même nombre.
Pour une banque qui étudie un dossier de crédit, le reste à vivre est le revenu moins les charges fixes : ce dont vous disposez pour vivre une fois les engagements payés. Pour la plupart des simulateurs grand public, c’est le revenu moins tout : ce qui reste à la fin du mois, autrement dit une capacité d’épargne.
Cette page ne produit ni l’un ni l’autre, et le dit plutôt que de rebaptiser un chiffre voisin. La ligne « non affecté » retranche les trois enveloppes, épargne comprise : c’est encore autre chose. Si vous cherchez le reste à vivre au sens bancaire, c’est votre revenu moins vos charges fixes, et vous avez les deux nombres sous les yeux.
Le 50/30/20 n’est pas une règle française
Le partage en 50 % de besoins, 30 % d’envies et 20 % d’épargne vient des États-Unis, où le logement, la santé et la retraite ne pèsent pas comme ici. Les champs de cible sont donc libres, et les valeurs affichées ne sont qu’un point de départ.
La cible d’épargne se déduit des deux autres pour que les trois fassent toujours cent : si vous montez les charges fixes à 60 %, c’est l’épargne qui paie la différence, ce qui est précisément l’arbitrage à regarder.
Le diagnostic vise le poste, pas le total
Quand un poste dépasse sa cible de plus de cinq points, c’est lui qui est nommé, et les charges fixes passent avant les dépenses variables. La raison est pratique : une dépense variable se coupe le mois suivant, une charge fixe demande de résilier, déménager ou renégocier.
Si le total dépasse le revenu, plus rien d’autre n’est signalé — ce constat-là passe avant les répartitions.