Calculateur de taux d'endettement
Le taux d’endettement est le premier chiffre que calcule un analyste crédit et la raison la plus fréquente du refus d’un dossier par ailleurs solide. Il ignore votre épargne et votre patrimoine, et pose une seule question : quelle part de vos revenus est déjà engagée avant l’ajout du nouveau crédit ?
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En France, 35 % est une norme opposable
Les repères anglo-saxons de 28 % et 36 % sont des usages professionnels. La règle française est différente par nature : le Haut Conseil de stabilité financière impose aux banques un taux d’effort maximal de 35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise, et une durée d’emprunt de 25 ans au plus. Les établissements disposent d’une marge de dérogation limitée, prioritairement destinée aux primo-accédants et à la résidence principale.
Ce n’est donc pas un seuil que l’on négocie avec un bon dossier. Un conseiller qui vous dit que « ça ne passe pas » ne fait pas nécessairement preuve de prudence : il applique une contrainte réglementaire.
Une mensualité de voiture coûte bien plus qu’une voiture
Comme le plafond porte sur l’ensemble des mensualités, un crédit auto de 300 euros ne vous coûte pas seulement 300 euros : il retire plusieurs dizaines de milliers d’euros de capacité d’emprunt immobilier. Financer un véhicule quelques mois avant de déposer un dossier est une manière classique de découvrir que le logement visé n’est plus accessible. Si un achat est en vue, ne touchez pas à votre situation d’endettement pendant au moins six mois.
Ce qui compte et ce qui ne compte pas
L’analyste retient les engagements identifiables : mensualités de crédit, pensions alimentaires versées, loyers si vous restez locataire. Il consulte le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, qui recense les incidents caractérisés et les mesures de surendettement — une inscription bloque en pratique tout nouveau crédit pendant sa durée. Les factures d’énergie, l’alimentation, la mutuelle ou la garde d’enfants ne comptent pas comme des dettes, mais elles entrent dans l’appréciation du reste à vivre.
Le reste à vivre est d’ailleurs le second critère, et il explique pourquoi deux dossiers au même taux d’endettement peuvent recevoir des réponses opposées : 35 % d’un revenu confortable laisse de quoi vivre, 35 % d’un revenu modeste beaucoup moins. La composition du foyer intervient directement.
Quels revenus sont retenus
Le salaire d’un contrat à durée indéterminée hors période d’essai est pris intégralement. Les revenus d’un indépendant sont appréciés sur plusieurs exercices, souvent une moyenne sur trois ans, et sur le bénéfice après charges plutôt que sur le chiffre d’affaires. Les primes variables exigent généralement un historique et ne sont retenues qu’en partie. Les revenus locatifs ne sont comptés qu’à hauteur d’une fraction, souvent 70 %, pour tenir compte de la vacance et des charges.
Améliorer le ratio
Deux leviers seulement : moins de dettes ou plus de revenus, et la dette bouge plus vite. Solder entièrement un petit crédit vaut mieux que réduire plusieurs gros, car le ratio compte des mensualités et non des capitaux — un prêt de 4 000 euros à 350 euros par mois fait plus de dégâts qu’un prêt de 40 000 euros à 250 euros. Remboursez par ordre de mensualité, pas de capital restant dû, quand un crédit immobilier est l’objectif.
Questions fréquentes
Quel taux d’endettement maximal ?
35 % des revenus nets, assurance emprunteur comprise, sur 25 ans au plus. C’est une norme du HCSF que les banques ne peuvent dépasser que dans une marge de dérogation limitée.
Le taux se calcule-t-il sur le revenu brut ou net ?
Sur le revenu net avant impôt en France, contrairement à la pratique anglo-saxonne qui raisonne en brut. C’est une raison de plus de ne pas transposer directement des repères étrangers.
Les factures et l’alimentation comptent-elles ?
Pas comme des dettes. Elles entrent en revanche dans l’appréciation du reste à vivre, second critère qui explique que deux dossiers au même taux puissent être traités différemment.
De combien un crédit auto réduit-il ma capacité ?
Une mensualité de 300 euros retire plusieurs dizaines de milliers d’euros de capacité d’emprunt immobilier, puisque le plafond de 35 % porte sur l’ensemble des mensualités.
Qu’est-ce que le FICP ?
Le fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, consulté par toutes les banques. Une inscription bloque en pratique l’accès au crédit pendant sa durée.